La vanlife : élire domicile dans une camionnette

Par Canyon Escalade

Photo: Dmitry Y. de Pixabay


Quand on pense à la vanlife, on peut aussitôt se rappeler la scène du film Free Solo dans laquelle Alex Honnold mange son repas à même la poêle dans sa Ford Ecoline E150 réaménagée. Certains se sont probablement dit : « oh my god je serais pas capable de vivre de même » et d’autres ont dû penser : « wow, c’est vraiment goal ».

Eh bien, la vanlife, laquelle peut se définir comme « un voyage continu et éternel de la vie dans une camionnette », est un style de vie qui existe depuis des années voire des décennies. Il suffit de penser au Westfalia de Volkswagen dans les années 70. Aujourd’hui, plus que jamais, la vanlife est perçue comme un objectif et un projet de vie pour certains. Que ce soit pour le sentiment de liberté qu’elle procure ou pour la proximité à la nature qu’elle permet, plusieurs personnes se lancent dans ce projet pour différents motifs.

Afin d’assouvir notre curiosité sur ce style de vie, nous nous sommes entretenus avec Mathieu Talbot, un sympathique grimpeur du Canyon que vous avez sûrement déjà eu la chance de croiser au centre. Il a généreusement accepté de nous présenter sa vanne aménagée dans laquelle il a demeuré durant les deux dernières années. Il nous partage entre autres son quotidien, quelques conseils et une liste d’endroits à visiter, le tout parsemé d’images qui feront sans doute rêver certains d’entre nous!

Peux-tu nous raconter un peu ton quotidien depuis les deux dernières années?

« Je vis dans ma vanne été comme hiver au Canada depuis deux ans. Ma femme m’a rejoint dans cette aventure en juillet dernier. La vanne est aussi mon véhicule principal alors elle bouge pratiquement à chaque jour. Toutefois, durant la semaine, elle reste plus à un endroit fixe. Nous pouvons la stationner un peu partout, mais Walmart demeure un grand classique. Durant les vacances, nous faisons des road trips de 2-3 semaines au Canada et aux États-Unis. Et les fins de semaine nous nous déplaçons à différents spots d’escalade. »

Vanne Sprinter aménagée | Photo: Mathieu Talbot

Quels sont les motifs qui t’ont amené à opter pour ce mode de vie?

« À la base, c’était pour combler un problème d’appartement lorsque j’étais déployé dans l’armée. Je devais trouver quelque chose très rapidement alors j’ai sorti mon vieux camper de l’entreposage et j’y ai déménagé en attendant de convertir la vanne actuelle. Même si c’était un besoin urgent, je n’ai pas vu cela comme un problème, mais plutôt comme une opportunité. Cela faisait longtemps que j’y pensais, mais je n’avais jamais une assez bonne raison de le faire et je trouvais que le retour sur investissement n’était pas assez jusqu’à ce que cette situation se présente et que ça me décide à me lancer. »

Camper utilisé durant la conversion de la vanne | Photo: Mathieu Talbot

Comment ta vanne est-elle aménagée?

« La vanne est un Sprinter. Le lit est fixe à l’arrière et il est relativement haut pour avoir de l’espace de rangement en-dessous. Les sièges conducteur et passager se tournent vers l’intérieur et il y a une table entre les deux. Nous sommes équipés de panneaux solaires, lesquels fournissent de l’électricité pour le réfrigérateur, les fans et les lumières. Pour ce qui est du chauffage et de la plaque de cuisson, ils sont tous les deux au diesel directement connectés sur le réservoir principal du véhicule. Malgré mon travail à temps plein, la vanne m’a pris un été à convertir. Ça l’a été beaucoup d’heures et peu de sommeil durant cette période. »

Intérieur de la vanne | Photo: Mathieu Talbot

Après deux ans, qu’est-ce que tu dirais que tu aimes le plus de vivre dans une vanne? Y a-t-il des inconvénients?

« La liberté est ce que j’apprécie le plus. Peu importe où l’on va, que ce soit aux États-Unis ou pour une fin de semaine à Bromont, on n’a pas besoin de faire de bagages ou de louer quelque chose. On a toujours ce qu’il faut directement avec nous. Lorsque l’on veut faire une activité, on n’a pas besoin de se dépêcher à conduire le matin pour se rendre. On prend notre temps pour y aller la veille et on relaxe. »

« Il y a toutefois deux côtés à une médaille et effectivement il y a des inconvénients. Par exemple pour les toilettes et les douches, ça peut être plus difficile. Sinon, des bris mécaniques peuvent survenir à n’importe quel moment. L’hiver, il peut être aussi plus complexe de se stationner en raison du déneigement. »

Aménagement arrière du véhicule | Photo: Mathieu Talbot

Quels conseils donnerais-tu à ceux et celles qui souhaiteraient un jour entreprendre ce projet?

« De savoir dans quoi ils s’embarquent. C’est important de prévoir un bon fond monétaire pour les bris et les inconvénients. Il peut aussi y avoir des mésaventures. Par exemple je suis déjà resté pris dans une tempête de neige quelques jours. Je ne suis pas une personne stressée de nature alors ça l’a toujours bien fonctionné malgré tout. Le meilleur conseil serait de ne pas attendre le moment parfait pour le faire. C’est le temps pendant qu’on est jeune et qu’on n’a pas d’enfant. Il ne faut simplement pas avoir peur de se lancer. »

Photo: Mathieu Talbot

Endroits visités avec la vanne

Canada : toutes les provinces du Québec jusqu’en Colombie-Britannique (sauf les territoires).

États-Unis : North Dakota, South Dakota, Wyoming, Colorado, Utah, Arizona, Nevada, Californie, Idaho, Montana, Minnesota, Wisconsin, Illinois, Indiana et Michigan.

Photo: Mathieu Talbot

Alors si vous quittez le centre à la fermeture du Canyon et que vous remarquez qu’il y a des vannes dans le stationnement, attention au bruit, il y a peut-être des gens qui dorment à l’intérieur! 😉

 

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